Mise en ligne depuis le mercredi 19 avril 2017, cette chronique est la vôtre.

Chacun (écrivain amateur, poète… qui sommeille chez les RCC) peut y apporter sa contribution par quelques lignes : des histoires de cyclotouristes qui feront connaître « … ce monde étrange, pittoresque et mal connu, des fanatiques du vélo… de la maffia du dérailleur, de la franc-maçonnerie du guidon » ; les lecteurs de cette chronique découvriront, à travers vos anecdotes réjouissantes que la bicyclette peut être bien autre chose qu’un banal moyen de locomotion ou un engin réservé aux sportifs de haut niveau.

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Lundi 20 novembre 2017
 
Le "Petit Glossaire du RCC" se termine ici avec la lettre "T", ainsi que sur un article en l'honneur du leader historique du RCC, "menu par la taille, mais grand par le talent..."
 
 

T… "Tuniques Bleues (Les)" :

Appellation version BD du team RCC. Cavalerie tiraillée entre rigueur incarnée par le colonel Foucaud et indiscipline manifestée par le lieutenant Ducasse assumant un rôle de franc-tireur, totalement affranchi des instructions de l’état-major.

Armée, parfois sans tête, mais jamais sans âme, souvent divisée sur la route à suivre. Doit composer avec des soldats singuliers : le capitaine Riffaud partant à l’assaut, en solitaire, sabre au clair, auquel l’aumônier de cavalerie, le Révérend Pouzout, accorde l’absolution ; le sergent Mayolle dont la ferveur au combat exige la clémence des cieux ; le général Dupuy stoppant la progression de sa troupe, au gré de ses désordres physiologiques ; sans compter "Ugh Sling", Peau-Rouge sculptural rallié à la cause Yankee, etc.

Les Tuniques Bleues, qui ont fait sécession avec l’UFOLEP, sont au mépris de l’histoire, une bande de confédérés.

« Le pluriel ne vaut rien à l’homme, et sitôt qu’on est plus de quatre, on est une bande de con » (fédérés ?) (Georges Brassens)

 

Gros plan sur le leader des "Tuniques Bleues".

 Papillon
 
 

 

 

 

Repères :

Né le 29/07/1951

École de rugby du SCA et pratique poursuivie jusqu’en junior.

Première licence cyclosportive en 1985.

Victoires innombrables au sprint à hauteur des panneaux communaux : Rochepine, La Lime, Le Mas, Bourras, Apremont, Chez Salot, La Chignolle, La Lèche, La Touche, Claix, Sainte-Colombe…

Vainqueur de la classique Angoulême – Meschers 2008.

Papillon Riffaud, fer de lance du RCC, bénéficie de la confiance sans borne de ses équipiers

Coureurs puncheur et grimpeur naturel, il sait convertir la protection de ses gardes du corps en feu d’artifice ascensionnel.

Portrait

« Je vole comme un papillon et pique comme une abeille ». Cette célèbre devise de Muhammad Ali, Patrick Riffaud pourrait la faire sienne, s’en servir d’étendard. Comme un trait d’union singulier entre poids lourd et poids plume. Sur son mollet droit de coq de combat, un tatouage de papillon suggère son dessein d’escaladeur ; papillon migrateur emprisonné dans la course circulaire de ses manivelles jusqu’à devenir invisible à la faveur d’une accélération dont il a seul le secret ; un tatouage en quadrichromie qui rappelle ce surnom hérité de son passage à l’aile du XV junior du SCA à la fin des années 60. Virevoltant, Patrick l’est redevenu sur son cadre carbone à la quarantaine au sein de la formation RCC dont il est désormais le fer de lance, dès lors que la route s’élève. Spécialiste incontesté des démarrages en côte toujours préparés avec tactique et malice dans la roue de ses équipiers, son seul horizon avant l’attaque. Comme un boxeur blotti derrière le rempart de ses poings.

Dessein d’escaladeur

Poids de forme à 58 kg qu’il sait abriter dans la plaine sur le porte-bagages de ses partenaires de plus forte stature. Du haut de son mètre quatre-vingt-cinq et de ses quatre-vingt-quinze kg, J.-F. Bussard, l’un de ses fidèles gardes du corps, porte un regard plongeant et toujours protecteur sur l’échine de son chétif chef de file et témoigne : « Nous sommes très complices même si nous ne pouvons échanger nos montures Orbéa, ni le moindre regard sinon au prix, de la part de Pat, d’une exigeante torsion cervicale »

Grimpeur né, le leader du team RCC est de la lignée de ces coureurs aériens capables d’authentiques fulgurances ascensionnelles assénées comme autant de piqûres de dard dans la nuque de ses faire-valoir, comme autant de crochets au plexus de ses challengers. Son miel, épicé aux saveurs de l’alpage, il le fait de ces escarpements, là où poussent encore bruyère et gentiane. Son terrain de jeu favori. Son ring à ciel ouvert.

Coureur puncheur dont on dit qu’il a parfois la tête près du bonnet, "le crane trop près du casque, tonsure oblige" précise avec espièglerie Gilles Deluchapt, équipier dévoué, citant une anecdote dominicale restée dans les annales du club : « Patrick, dans ma roue, préparait une nouvelle attaque lorsqu’il fut surpris par un puissant coup de klaxon d’une camionnette en train de nous dépasser. Il pointa alors dans sa direction un majeur vengeur vers le ciel ». La suite de l’histoire appartient à la légende du team RCC. Le véhicule stoppa net sa course au milieu de la route. S’en extirpa un vociférant colosse ventru et rubicond en tenue de camouflage. Libéré de son vélo, Papillon s’avança à pas décidés en direction du chasseur patibulaire ; ses pieds prisonniers des chaussures à cales claquant sur l’asphalte comme les talons aiguille d’une femme pressée ; détail sonore qui n’apaisa en rien le courroux du prédateur. Patrick toisa son vis-à-vis tel un nouveau col à dompter, le défia du regard. Prêt à en découdre.

« Je lui aurais bien pété la gueule à ce connard »

Le front belliqueux du leader des Tuniques bleues juste au-dessus de la cartouchière portée en ceinturon. Ses équipiers l’entourèrent pour parlementer. L’intervention du directeur sportif, Michel Dupuy, fut décisive et salvatrice. « Je lui aurais bien pété la gueule à ce connard, mais c’est mon voisin. D’ailleurs il ne m’a même pas reconnu ! » conclut Patrick en enfourchant sa monture, toujours fulminant d’avoir subi l’affront d’une attaque avortée. Frustré de n’avoir pu s’affranchir de sa chrysalide pour libérer ses avatars d’abeille et de papillon.

Depuis ce jour, seul le Faron, géant calcaire dominant Toulon, eu raison, un certain 23 avril 2009, de sa métamorphose.

Ces coéquipiers réagissent :

Michel Dupuy, directeur sportif, Président et poète : « Patrick a toujours su prendre de la hauteur. Ex-funambule des toitures et passeurs d’ondes hertziennes, il est celui qui, parmi nous tous, s’est toujours le plus approché des étoiles ».

Xavier Pouzout, alias le Révérend : « Pat c’est un peu David Copperfield dans une expérience d’auto-lévitation. Devant vous, soleil orange Euskatel taille S. Deux secondes plus tard, au prix d’un démarrage éclair, il est devenu à l’horizon, luciole évanescente qu’on aurait envie, dans un jour sans, d’écraser entre pouce et index ».

Jacques Ducasse, alias le Doc : « Le nectar de Pat, c’est la roue arrière du coureur qui le précède, qu’il suce comme la chenille processionnaire broute le tissu végétal. Sa mue en chrysalide se construit dans le cocon de peloton où il hiberne. Il sait ramper de feuille de gomme Hutchinson en feuille élastomère Michelin dont il pompe le suc jusqu’à satiété avant l’éclosion ».

Jeannot Denis : « Il n’y a pas, chez nous, la volonté d’éclairer le club à la lumière de Patrick Riffaud, aussi rayonnant soit-il. Nous cherchons plutôt à rester dans l’ombre. Nous nous préservons ».

Gilles Deluchapt : « C’est sûr qu’avec Patrick vaux mieux un gros plan qu’un plan large, plutôt tendance Microcosmos que Jurassic Park ».

Hugues Slingue : « Un gros-plant sur Patrick ? Putain les gars ! Arrêtez de gâcher le gros-plant ! Il en reste encore ? ».

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Dimanche 12 novembre 2017
 

R… "RCC" :

Randonneurs Cyclotouristes Charentais que les plus anglophiles voudraient voir rebaptisés en Racing & Cycling Club. Quoi qu’il en soit, l’effectif RCC se divise généralement, chaque dimanche matin, devant les vespasiennes de la place L’Houmeau, en deux groupes :

- l’un appelé des coiffeurs,

- l’autre appelé décoiffant ; groupe dans lequel la vitesse dégage parfois bien derrière les oreilles, à l’instar de Gilles Deluchapt, coursier historique du RCC, souvent rétif au port du casque.

(Photo de la foule des admirateurs avec légende :

« Qu’ils soient coiffeurs ou décoiffants :

Par le leader du RCC, sur la ligne, tous seront décoiffés… »)

 

R… "Révérend (Le)" :

Sobriquet qualifiant un coureur qui, lors d’une étape de repos sur l’île de Port-Cros, dans le cadre du Tour du Var 2009, a privilégié le costume sombre et les mocassins de cuir toscan à la tenue de randonneur plus adaptée au relief local. Parti pris vestimentaire distinctif qu’il entretient en selle, condamnant l’uniforme azur.

A pour habitude de s’affranchir du temps (seul coureur sans compteur) et de l’espace (ignorance totale de l’itinéraire). Coursier qui, par ailleurs, prône l’ascétisme alimentaire et les jambes épilées au service d’un port altier que d’aucuns qualifient d’aristocratique. S’accommode, d’ailleurs, à son endroit, du vouvoiement même dans l’intimité du peloton RCC.

Ex. : « Bon ben, on est encore perdu ! On prend la direction de La Lèche ou de La Lime ? Regarde le Révérend, accoudé sur son guidon, il en a rien à cirer, lui ! Tu parles d’un guide… spirituel tout au plus ! » (P. R.)

 

R… "Riffauder" :

Action consistant à se réfugier dans le cocon du peloton ou derrière un partenaire-rempart afin d’économiser ses forces. Selon une acceptation péjorative, riffauder signifie "rouler en morpion".

Ex. : « Tu mets trop le nez à la fenêtre ! Il faut que tu apprennes à riffauder ! » (M. D.)

R… "Rouler en président" :

Pédaler avec fluidité en bannissant tout geste parasite contraire aux règles de l’aérodynamisme. C’est mettre l’anatomie du coureur au service de sa machine ; au point de laisser croire que le coursier dispose entre les jambes d’un engin très performant dont le coefficient de pénétration tend vers la perfection.

Ant. : Rouler en facteur.

S… "Silicone (La) vallée attitude (la)" :

Attitude de coureur consistant à privilégier l’équipement haute technologie sur l’entraînement physique, cherchant sans relâche l’accessoire nouveau susceptible de le faire progresser ; quitte à justifier une défaillance par un mauvais choix de matériel (roues, selle, chaussettes de contention…)

Ex. : « Avec tes cale-pieds et tes manettes sur le cadre, t’as vraiment pas la silicone (La) vallée attitude ! » (H. S.)

S… "Slinguer" :

Flinguer en langage RCC. Fausser compagnie au peloton sur une accélération progressive, les mains en bas du guidon, le buste strictement parallèle à la barre du cadre. C’est, en d’autres termes, s’échapper "ventre à terre".

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Samedi 21 octobre 2017

O… "Ordonnance (du Dr Ducasse)" :

Main secourable initiée par Jacques D., placée en arrière de la selle, qui soulage la pédale laborieuse d’un coéquipier en le propulsant vers l’avant, rompant le temps de quelques secondes, le fil de la souffrance ; rappelant fugitivement l’ivresse de la balançoire de l’enfance.

Geste beaucoup plus technique qu’il n’y paraît pour ceux qui s’y sont risqués. Appelé aussi poussette bigourdanne ou main au panier selon ses détracteurs.

Ex. : « Bien sûr, entre Bubu et Papillon, la posologie est différente : c’est pas le même dosage dans la prescription ». (J. D.)

P… "Papillon de Balzac (Le)" :

Sobriquet qui confère à P. Riffaud le droit d’entrer dans l’aristocratie du peloton. Souvent le privilège des grimpeurs (Aigle de Tolède, Ange de la montagne…) Un tatouage de papillon, sur le mollet droit, témoigne d’une symbolique assumée dans sa chair.

Ex. : « C’est sûr, un jour, le papillon de Balzac, je lui ferai butiner l’asphalte et je lui punaiserai les ailes avant de le pulvériser au Bégon vert ! ». (Témoignage anonyme de dépit d’un coureur battu par Patrick, au passage de la ligne virtuelle, à hauteur du panneau communal de Rochepine)

 

P… "Pharmacie" :

Mot tabou dans le milieu cycliste mais pas au RCC. Pour autant, le club n’échapperait pas aux suspicions, si l’on considère que cinq licenciés au moins sont en relation actuelle ou passé avec le milieu professionnel de la pharmacie.

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Lundi 16 octobre 2017
 

Nous continuons d’épeler l’alphabet pour la suite du "Petit glossaire du RCC" avec les lettres : F, M et L

F… "Faron (Mont)" :

Sommet calcaire dominant Toulon (longueur : 5,5 km ; pente : 9% de moyenne, maximum : 11,4%) accessible par une route étroite et gravillonneuse où le leader du RCC, le 23 avril 2009, connut une défaillance spectaculaire et largement médiatisée.

Ex. : « Effarant Faron : Riffaud défaille » (UNE de l’Équipe du 24-04-2009)

Mes recherches m’ont permis de retrouver cet article, dont je vous livre la teneur ci-après :

EFFARANT FARON : RIFFAUD DÉFAILLIT !

Á la surprise générale, le leader de poche de la formation RCC a mis pied à terre à 3km du sommet. Nouveau chef de file du Racing Club Charentais : Robert Mayolle, étincelant tout au long de l’étape.

Patrick Riffaud, ex-leader du RCC, victime de surcroit en fin d’étape d’une collision avec un poteau métallique de piste cyclable : « Putain de journée ! J’ai pas pu fanfaronner dans la pente du Faron comme je fais d’habitude et, en plus, le phallus de métal que je vois pas… »

« Un sacré coup de pompe ! » Conclut malicieusement à ses côtés J. Denis.

Réactions et témoignages :

Michel Dupuy, Président du RCC : « Patrick est un coureur de grande classe, tellement attachant mais friable mentalement. La mise en place d’une cellule psychologique au sein de la formation me semble urgentissime ».

Jeannot Denis, équipier du RCC : « Je suis à la disposition de notre nouveau leader (R. M., mentionné ci-dessus – NDR) qui est un magnifique rouleur bien qu’épuisant de jour comme de nuit » (Allusion perfide à son partenaire de chambrée)

 

L… "Leader" :

Postuler au statut de leader, selon le règlement intérieur du RCC, exige de répondre à plusieurs critères d’ordre physique et psychologique :

1) - Aptitude à susciter la protection de ses pairs au sein du peloton,

2) - Capacité à gicler à la vue d’un panneau communal et à commenter avec faconde ses prouesses,

3) - Assiduité dominicale au Café des Sports du Gond-Pontouvre.

Á ce jour, un seul coursier a su répondre à ce cahier des charges.

 

M… "Mécanique" :

Thématique peu abordée au sein du team RCC, excepté peut-être lors des crevaisons. Á noter une prise en charge collective et solidaire des coureurs expérimentés au bénéfice de leurs homologues que la nature a affligé d’un handicap de motricité fine.

Ex. : Conversation, surprise entre deux anonymes…

Anonyme 1 : « Les Pouzout, m’en parle pas ! Faut les assister de A à Z : le plus jeune confond un démonte pneu avec une palette linguale et l’ainé milite encore pour la pompe à raccord ».

Anonyme 2 : « Tu remarqueras, génétiquement ils ont deux mains gauches ! S’ils crèvent à l’arrière, sans assistance, ils sont de retour le soir ! »

Anonyme 1 : « Et encore ! C’est même pas sûr ! ... »

 
 
 
Jeudi 21 septembre 2017
 
Suite du "Petit glossaire du RCC" avec la lettre : "D" que se partagent 3 des adhérents du RCC : Jacques D., Michel D. et Jean D. (Avec en prime, les aventures de Jeannot D. et Robert M. dans les Pyrénées)
 

D… "Ducasserie (une)" :

         Action fantasque et souvent énigmatique, consistant à partir de l’arrière et à engager un raid solitaire ou à se soustraire des contraintes collectives de la vie du peloton en optant pour un itinéraire personnalisé.

Ex. : « Il a cotoyé Luis Ocaña, Gilbert Duclos-Lassale, Hubert Arbes et consorts ; et il roule avec nous ! On peut tolérer ses ducasseries, tout de même ! » (M. D.)

Comment résister pour ne pas relater cet épisode, qui a dû se dérouler lors d’un séjour à Pujo (année non mentionnée dans les documents en ma possession), où notre ami Jacques invite des volontaires RCC à l’occasion du passage du Tour de France dans les Pyrénées.

Tout d’abord, j’ai été surpris de découvrir que Jacques possède un CV d’homme de science.

« Docteur DUCASSE.

Diplômé de l’école vétérinaire de Tamanrasset. A mis en application sur le territoire pyrénéen ses connaissances issues de la culture touareg au profit des cyclistes désireux d’optimiser leurs performances ascensionnelles. Selon la tradition des hommes bleus, l’avantage au sein d’une caravane, de chameaux castrés sur leurs homologues entiers est reconnu. Le Docteur Ducasse a mis en œuvre cette connaissance ancestrale au bénéfice des coureurs cyclistes que l’instinct grégaire conduit à s’organiser en peloton. Riche des enseignements des hommes du désert, il a mis en symbiose la culture du Haut Hoggar et celles de ses racines bigourdanes en remplaçant les camélidés par des ânes pyrénéens qu’il a lui-même dressés à la castration.

Des photos édifiantes, illustraient et témoignaient de cette expérience singulière. »

Dommage que je n’aie pas les photos qui illustraient ce roman, aussi je vais tenter de vous décrire les scènes de ce mélodrame…

« Mardi 18 août : Le Dr Ducasse en présence de ses deux cobayes-patients, la veille de l’intervention.

Ils sont au sommet du Col D’ASPIN (Alt. 1490 m)

Á gauche de la photo Robert pense : « Y’a Jeannot qui balise ! », Au centre, Jeannot : pensif ?

Á droite le Dr Ducasse : « Et oui les gars, c’est la dernière fois qu’on vous voit entiers ! L’ASPIN, le prochain coup vous ferez de la mobylette ! »

Mercredi 19 août : Les deux ânes dressés par le Dr Ducasse se préparent à l’opération.

Jeannot est au centre entre deux beaux spécimens d’ânes pyrénéens. Robert est dans son coin, les deux mains sur son entrejambe, il semble un peu souffrir…

Ce sont les ânes (les vrais - NDR) qui discutent entre eux.

- Celui à droite de Jeannot : « Martin, t’en pense quoi ? Il a l’air bien monté le bougre ! Monté comme un âne quoi ! Y’a intérêt à ouvrir la gueule. C’est toi ou c’est moi ? »

- L’autre âne : « C’est toi qui fait le taf. Moi je viens d’opérer son coéquipier du RCC ».

Au sommet du COL de LINGOUS (Alt. 575 m)

Au centre, le Dr Ducasse (les bras croisés est tout sourire) à l’évidence satisfait de son intervention.

Robert (toujours les deux mains sur son entrejambe) : « Putain ! Je souffre le martyr et lui se pavane le docteur Ducassecouil… ! »

Vendredi 21 août : Nous retrouvons le Dr Ducasse et ses patients 48h après l’intervention. Avec l’aide d’un rebouteux de Sainte-Marie-de-Campan, souffrances et cicatrices ont miraculeusement disparu (sans se rendre à Lourdes, toute proche – NDR)

Nos trois compères sont souriants, un verre de Pineau des Charentes à la main.

- Jeannot : « Maintenant plus légers et plus à l’aise dans le cuissard ! »

- Robert : « Que du bonheur ! Plus besoin de dresser la selle comme on dresse la table, avec un service trois pièces encombrant à faire tenir en équilibre sur le fil d’une selle Italia ! »

 

 

D… "Dupuyir" :

Passer d’une selle Italia à la selle en milieu champêtre, agricole ou forestier. Amender une terre de hasard, entre deux parties de manivelles, au gré de ses émois physiologiques, derrière un paravent végétal ou au cœur d’un rang de vigne.

Toutefois, l’adoption conjuguée d’une selle d’aisance (ou de nécessité) et du code d’hygiène en usage à la cour de Versailles, serait une alternative à l’action de dupuyir, au sens strict du terme ; autorisant le Président-Monarque à satisfaire ses exigences organiques tout en chevauchant sa "petite reine".

Néologisme verbal pour lequel le bureau du 1er jeudi du mois, dans son rôle de petite Académie du RCC, sous la "coupole" du Nil, devra déterminer l’appartenance au 2ème ou au 3ème groupe verbal, avant d’en vulgariser l’usage.

Ex. : « Il faut que je dupuyisse ou que je dupuye ? C’est vrai que dupuyir c’est plus facile à faire qu’à conjuguer ! » (X. P.)

« Le néologisme, c’est la langue qui fait ses besoins » Frédéric DARD

 

D… "Dussaptien" :

Terme proche sémantiquement de billiesque. Une attitude dussaptienne relève de l’abnégation, d’une attention particulière et naturelle portée à ses pairs en difficulté, en les assistant jusqu’à l’arrivée. C’est, en d’autres termes, disposer des clefs du "camion-balai" du RCC.

S’inscrire dans une logique dussaptienne consiste à renoncer à ses ambitions personnelles au profit des coureurs plus vulnérables.

 

 

Entre deux extraits du "Petit Glossaire du RCC" et après l'opération délicate dont nos deux copains ont été les patients, reprenons en chœur la prière des RCC. Prière que nous devons à l’un des P.P., ci-dessous et adressé au grand timonier-Président du RCC : P.M. (ne pas confondre avec "Pistolet Mitrailleur")
 

Prière des RCC : "Leader Noster"

LES P.P.FONT DE LA RÉSISTANCE. IL convient de signaler au grand timonier du RCC qu'en ce dimanche 17 septembre, seuls deux fidèles du RCC étaient présents sur le parvis de Notre Dame de la Paix à 8h30, à savoir Patrick Pinville et Pascal Pouzout... Soixante-dix kilomètres effectués dans la douceur charentaise, sans pluie, avec même un timide soleil sur la route du retour vers Churet. En conséquence, le Révérend renvoie tous les intégristes du bulletin météo, coincés de la précipitation et autres coureurs de laboratoire à faire leur acte de contrition en ce jour de St Renaud, en récitant dix Leader Noster. Avec ou sans chapelet.

 

Notre Leader

Et ses moyeux

Que tes roues soient verrouillées

Que ta chaîne entraîne

Que tes braquets soient adaptés

Sur le plat comme en col

Offre-nous aujourd'hui

Tes fulgurances de ce jour.

Pardonne-nous nos défaillances

Comme nous pardonnons aussi

A ceux qui nous ont abusés.

Ne nous soumets pas à l'exténuation

Et délivre-nous du râle

Maintenant et jusqu'à l'arrivée

Tu mènes !

 
 

 

 
Mercredi 30 août 2017

 

Le club RCC compte, parmi ses adhérents, une personne qui nous régale de ses écrits : anecdotes et histoires truculentes. Son talent n’a d’égal que sa modestie et sa gentillesse. Il est inutile que je mentionne son nom ou son prénom car vous l’aurez toutes et tous reconnu.

Il a accepté que j’alimente cette Chronique avec des textes qui sont, sans doute, restés dans la mémoire des plus anciens et que je vous propose de lire ou relire, et de conserver dans la "mémoire électronique" de notre page RCC sur Internet, afin que tous nous puissions continuer de consulter cette source de rires et sourires…

Pourquoi ne pas débuter par le "Petit glossaire du RCC" où, par ordre alphabétique, nous verrons défiler tous les anciens qui constituent le "noyau dur" de notre club.

A… : "Astiquer la mayolle" :

Faire rougir le grand plateau, par temps chaud et sec, arc-bouté sur le cadre, dans un corps à corps brûlant entre coursier et monture. C’est dépasser la danse de couple afin que tout le peloton résonne du même pas.

En revanche, cette même expression sous la forme : « Je lui astiquerai bien la mayolle », adressée à une partenaire de danse de salon, relève d’un emploi détourné de son sens originel.

Ex. : « Robert, quand il se met à astiquer la mayolle, reste pas sur un faux rythme de slow musette, Jeannot. Sinon, tu te fais éjecter du bastringue vite fait, bien fait ». (G. B.)

B… : "Billiesque" :

         Adjectif qualifiant le sens aigu de l’intérêt collectif, de la solidarité et de l’entraide. Véhiculer une trousse de secours sous la gorge, lorsque les mains sont en bas du guidon, tel le Saint-Bernard le tonnelet de survie, relève d’une attitude billiesque.

B… : "Bubu" :

         Diminutif adressé à un rouleur surdimensionné, dont la massive rusticité n’a d’égal que l’authentique bravoure. Pare-brise humain derrière lequel apprécie de se réfugier, en particulier, les coursiers de constitution plus frêle. Fait office de derny lorsqu’il décide de mener un bout droit.

L’étymologie de ce diminutif reste sujette à caution au sein du RCC. Pour les uns, elle proviendrait du patronyme : Bussard ; pour les autres du mot : burdin, motocyclette utilisée lors de Bordeaux-Paris et du critérium des As.

Ex. : « Je vais te dire : tu te cales sur le porte-bagage de Bubu et c’est l’Orient Express ! Sans le repose-tête, bien sûr ! ». (P. R.)

C… "Coiffeurs" :

Groupe du RCC qui réunit des coureurs privilégiant une pratique à allure régulière, à un rythme apaisé. Nom d’usage du groupe justifié par la représentation significative d’ex-capilliculteurs. Allusion, sans doute, au monde du football qui désigne coiffeurs les joueurs non alignés sur la feuille de match.

Toutefois, tout n’est pas si simple au sein du RCC. Jeannot Denis, ex-Figaro ayant coiffé des gloires du ballon rond, qui n’étaient, certes pas, des coiffeurs à savoir : G. Grizetti, Y. Goujon, R. Kopa, etc. n’appartient pas au groupe des coiffeurs mais à celui qui "décoiffe", lorsque l’on se dispense du port du casque.

Ex. : « Ma dernière sortie remonte à quatorze semaines, je ferais mieux de reprendre avec les coiffeurs ! » (T. L.)

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Jeudi 11 mai 2017

 

Le milan, la buse et le Révérend

A-t-il cru reconnaître l'un de ses congénères, échassier de l'asphalte sur sa drôle de machine ?

Est-il le dépositaire ailé d'un message divin en cette veille de Pâques, adressé au plus épiscopal d'entre nous, le Révérend ?

C'est ainsi qu'un rapace de couleur ocre échoue sur le moyeu arrière de notre druide, lors de la traversée du village des Gours, commune limitrophe de Charente Maritime et des Deux-Sèvres, lors du brevet de 150 km organisé par le vénérable Georges Augeraud. Les serres de l'oiseau de proie sont alors prisonnières de la fourche, de la chaîne et des rayons en rotation. L'animal tente un ultime et vain déploiement d'ailes avant que l'ascète n'arrête sa monture dont il descend avec hâte. Le Révérend s'en trouve interdit : "le milan huit et la buse piaule ; or, ce rapace n'émet pas le moindre son. Souffre-t-il en silence ?" s’interroge-t-il. Ce dernier s'efforce d'alerter le peloton musardant cinquante mètres au-delà. "Incident mécanique ! El Flaco à l’arrêt ! Roue arrière emplumée ! Condor pris au piège !" s'égosillerait un reporter de Radio Columbia sur le tour des Andes. "Milan sans rameau avec la côte du Paradis en guise de Poggio !" exulterait à son tour et sans vergogne un commentateur enfiévré de la RAI. Le Révérend, quant à lui, y voit un signe du ciel. Entre Rameaux et Pâques. Image sacrée d'une crucifixion aviaire ? Il pousse son vélo de deux tours de roue environ, délivrant l'oiseau de proie qui, d'un froissement d'ailes libérateur, échappe à l'extrême onction de son confesseur. Puis ce dernier examine l'état de la mécanique malmenée par l'infortuné rapace. Chaîne pour partie dissimulée sous un revêtement de plumes ; dérailleur tordu que vient redresser d'une main experte Jacques Ducasse, alias le Taulier. Le Révérend reprend alors son office itinérant, l'esprit encore retenu par le motif de l'insolite incident. « La buse est prédatrice de proies vivantes », juge l'ancien lecteur du manuel des Castors Junior, « s'est-elle méprise sur mon dérailleur de la forme d'un mulot soumis à un mouvement rectiligne ? ». En effet, les dérailleurs sont habituellement chromés et celui du Révérend est noir mat. « S'il s'agit d'un milan, poursuit le détective, c'est un charognard. Or, un serpent mort a été observé près de la zone d'atterrissage... » conclut-il avant de réintégrer le peloton jusqu'à l'arrivée. Lors du pot de l'amitié, au plan d'eau de St Yrieix, Jacques de Bigorre révèle avoir aperçu le rapace dans un fossé, affairé sur sa proie ; au passage des coureurs, il prit son envol entravé par l’obstacle imprévu d'un vélo sur sa trajectoire. En soirée, à l'heure des vêpres, le chapelain se chargera de débarrasser sa machine des derniers duvets collés à la chaîne, à l'aide d'une pince à épiler... (P. P.) 15/04/2017

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19/04/2017

Avant-propos

« Le cycliste en société est, généralement, l’objet d’une curiosité amusée, parfois ironique et souvent passionnée.

Le non-cycliste n’imaginant la bicyclette que chevauchée par "Poulidor ou le facteur", s’effare de découvrir que des gens qui ne sont apparemment ni l’un ni l’autre, pratiquent un sport dont il ignore jusqu’à l’existence. Il pose alors des questions et s’effare bien davantage :

Comment ?... Des centaines de kilomètres par jour ?... Des randonnées de milliers de kilomètres ?... Des séjours d’une semaine à l’étranger ? … Des… comment dites-vous ? des Diagonales ? des Brevets ? des escalades de cols ? A votre âge ?... Mais je ne savais pas ! Et que mangez-vous ?... Et où dormez-vous ?... Et si… ? Et qui… ? et quoi… ?

A force de répondre à des questions toujours semblables par des réponses chaque fois identiques, on se rend compte qu’avec les grands fonds océaniens et la face cachée de la Lune, le cyclisme (autre que de compétition - médiatisation du Tour de France -) reste un mystère pour la plupart des gens et suscite, lorsqu’il leur est expliqué, un intérêt qui n’est pas toujours feint.

Si, aujourd’hui, les cyclistes courent les routes, les non-cyclistes courent les rues. »

Jacques Faizant (1918-2006) Connu comme dessinateur de presse et écrivain humoriste est moins connu comme cycliste. Pourtant, grand randonneur, il a parcouru chaque année plusieurs milliers de kilomètres à bicyclette, seul ou accompagné de ses amis.

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