Lundi 17 septembre 2018

80ème Semaine fédérale internationale de cyclotourisme – SF Épinal 2018 (suite)

L’article qui suit est extrait du magazine : CYCLOTOURISME – N°682 l Septembre 2018

"Sur la ligne bleue des Vosges"

Á Épinal et sur la route des Vosges, la 80ème Semaine fédérale a eu raison de tous les obstacles : canicule puis orage ont tenté de la contrarier, en vain ! Plus de 12 000 cyclotouristes ont goûté les routes vallonnées, les pentes plus accentuées de la montagne, l’hospitalité vosgienne et le pâté lorrain.

« L’ombre dans un kilomètre ! Bienvenue dans les Vosges ! »

Ce sont les premiers moments de cette Semaine fédérale. On est le dimanche matin, déjà dans le cagnard. De la berme, un homme harangue le flot continu des cyclotouristes. Un kilomètre plus loin, la D44 s’enfonce en forêt de Tillonhaie, après Uriménil. Sous les ombrages, enfin ! Par centaines ou milliers, du 5 au 12 août, les Vosgiens ont salué, aidé et fêté les cyclos.

Promettre l’ombre, c’était un message salvateur, dans la canicule qui a étouffé les collines des Vosges. Dans les rues d’Épinal, des panneaux lumineux assommaient les cyclos de leurs 40 degrés. On a continué de trouver du monde sur les grandes envolées de 140 km, mais les mangeurs de bornes avaient à l’évidence avalé aussi un réveille-matin qui les jetait sur la route dès 6h30. Les autres ont rivalisé de sagesse troquant leur P2 de 85 km pour un P1 de 50, grâce auquel ils fuyaient la fournaise de l’après-midi.

Thermomètre oblige, Martine Cano, présidente de la Fédération, avait fait de son allocution inaugurale un appel à la prudence, insistant sur la nécessité de s’hydrater et de réduire les kilométrages.

La chaleur, en tout cas, n’avait pas rétréci les sourires des 31 jeunes du Trait d’union, radieux au terme des 540 km couverts depuis Mortagne-au-Perche. Jean-Claude Augay, président du comité d’organisation, recevant le trophée qu’ils convoyaient depuis l’Orne, soulignait en même temps le rôle tenu par les 1 500 bénévoles sollicités tous azimuts.

Explorées dans toutes les directions, des crêtes du massif aux hautes collines saônoises, les Vosges ont conquis 12 000 cyclotouristes. Il est heureux que nos mémoires cyclotouristes aient été ainsi… rafraîchies, puisque ces terrains de jeux n’avaient plus accueilli la semaine fédérale depuis les années 70 à Saint-Dié en 1972 et à Neufchâteau en 1977.

Cette SF a suscité un patchwork d’impressions liées aux parcours empruntés, aux accueils visités, aux rencontres, aux pâtés lorrains et aux andouilles du Val-d’Ajol, aux belles surprises, voire à quelques désagréments.

Dès le lundi, les commentaires élogieux avaient salué l’ascension de la "colline inspirée" de Sion-Vaudémont chère à Maurice Barrès. La chaleur intense pesait le lendemain sur la Perle des Vosges, Gérardmer. Les gagnants du jour bravèrent le dénivelé pour explorer la route des Crêtes, prenant rendez-vous avec une température plus clémente et avec les cols, la Schlucht et quelques autres. Il y eu une découverte moins plaisante : la suppression inopinée du ravitaillement annoncé au Col du Calvaire.

Les villes d’eau et la brasserie

Au sud, les Vosges saônoises, parcourues en tous sens le mercredi, ont suscité l’enthousiasme de ceux qui se lancèrent sans craindre quelques nuages menaçants. L’averse fut parfois au rendez-vous. Elle fut jugée bienfaisante. On goûta de beaux parcours de moyenne montagne, ponctués par la super organisation du Point d’Accueil à Girmont-Val-d’Ajol.

Jeudi soir et vendredi matin, Radio SF ne commentait qu’une chose : le pépin météo qui força les organisateurs à annuler le pique-nique de Thaon-les-Vosges, en raison de l’alerte orage. On oublia cela le lendemain au pays de Jeanne, par Neufchâteau, Domrémy-la-Pucelle, l’amphithéâtre romain de Grand et les parcs ombragés de Vittel, ou par d’autres itinéraires vers Épinal. Ceux-ci vantaient les villes d’eau et la source de la Saône, mais la halte à Ville-sur-Illon dans une brasserie-musée fit un tabac.

La 80ème Semaine fédérale aura fourni d’autres souvenirs tout en couleurs vives, comme ceux qu’affichent à Épinal les cimaises du musée de l’Image. Des tandems ont conduit des cyclos malvoyants, ou non-voyants.

Le succès des vélos à assistance électrique a été confirmé. Ils ont permis à beaucoup de goûter pleinement les parcours, en famille ou en club.

Au terme du défilé de clôture, c’est à Cognac, Charente, département 16, qu’on s’est donné rendez-vous en 2019.

> François Tartarin

EN CHIFFRES :

Total inscrits (semaine complète) : 10 112    > Roulants : 8 782          > Non roulants : 1 330

> Activité route : 8 429           > Activité route + VTT : 181               > Activité VTT :172

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Jeudi 13 septembre 2018

 Epinal 0

La SF 2018 à Épinal est maintenant terminée, ce sont plus de 10 000 cyclotouristes qui ont sillonné les rues d’Épinal, les routes de campagne et les sous-bois vosgiens, curiosité, originalité… tout au long de la semaine, malgré des conditions climatiques caniculaires.

Parmi ces 10 000 cyclos, des charentais avaient fait le déplacement (Pascale et Gérard, Georges, Joëlle et Alain, Nanard Chapuis, GG (6 CTA), Alain Gaillard, Ivette, Jean-Claude Vergnaud, Betty, Claude et Jean-Claude de l’ALB, et la délégation du Cosfic 2019 de Cognac)

Le Programme :

Epinal 11

Epinal 12


Epinal 92

Epinal 13

Epinal 14

https://www.cognacsf2019.com/

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Vendredi 29 juin 2018

Il y a maintenant trois semaines que nous sommes de retour du séjour dans les Monts du Forez, organisé par notre club, le CTA. Nous étions hébergés dans le village de vacances, VAL VVF situé au lieu-dit Ventuel, distant d’environ 3,5 km de la commune de Saint-Jean-la-Vêtre (département de la Loire, au centre d’un triangle formé par Clermont-Ferrand, Roanne et Saint-Étienne, non loin de la ville de Thiers, connue pour la coutellerie).

Aussi, je vais vous présenter une sorte de "débriefing" ou plutôt, un bilan. Et pour cela je vais débuter par des chiffres.

-      43 participants : dont 31 "pédalants", 8 "cyclotes" et 23 cyclos

-      8 clubs charentais représentés : Cognac CC (1) ; VSEC (1) ; COC La Couronne (1) ; VC St-Yrieix (2) ; AL Barbezieux (4) ; RCC (6) ; CSA Ruelle (6) et CTA (10)

Déroulement de la semaine :

Dimanche 03 juin :          89.35 km              4h21’           Dénivelé : 1517 m

4 cols : Col des Brosses (973m) ; Col de la Croix des Quatre Jambes (1001m) ; Col de la Croix de Ladret (1046m) et Col de la Pelletière (747m).

Lundi 04 juin :                 88.48 km              4h52’           Dénivelé : 1836 m

7 cols : Col des Sapeaux (1164m) ; Col de la Loge (1253m) ; Col du Reculon (1153m) ; Col du Frissonet (701m) ; Col des Sagnes (798m) ; Col Saint-Thomas (930m) et le Col de Servières (806m).

Ah ! le Col de Saint-Thomas, une des belles surprises que nous a fait Georges… Avec le passage à La Meule (60ème km) : environ 1 km en ligne droite entre 14 et 16%, où certaines et certains ont dû mettre pied à terre pour ne pas tomber… Heureusement, en bas de la descente, à Chausseterre, Jean nous a trouvé un bel endroit pour le pique-nique. Les réjouissances ont repris vers le 72ème km avec quelques passages (assez courts) à 18% : une belle journée de vélo !

Mardi 05 juin :                78.38 km              4h29’           Dénivelé : 1754 m

Encore 7 cols : Col des Sapeaux (1164m) ; Col de la Croix de Ladret (1046m) ; Col du Béal (1390m) ; Col Pas de la Croix (1396m) ; Col du Perthuis (948m) ; Col Pas de Mousset (940m) et Col de Reculon (1153m). Quelques mots sur le Col de Béal (que nous reprendrons le lendemain, mercredi au départ de Chalmazel) : 10 km de montée avec une pente moyenne de 5,2 % avec pas mal de vent au départ et à l’arrivée et surtout une pente supérieure à 6% pour le 8ème et 9ème km.

Mercredi 06 juin :           90.13 km               5h17’           Dénivelé : 2108 m

Approche en voiture pour un départ depuis Chalmazel et 4 cols dont le col du Béal pour démarrer, puis le Col de Chamsert (1236m) ; Col des Supeyres (1365m) et le Col du Baracuchet (1256m). Arrêt sur image pour le Col des Supeyres, la montée la plus longue de la semaine (14 km), pas forcément la plus dure. Un pourcentage moyen annoncé autour de 5,5 % et 7 % maxi, le GPS indiquait souvent du 8 % voire 9 %. Une belle rando avec un dénivelé de 2108 m le plus important de la semaine.

Jeudi 07 juin :                102.11 km              5h36’           Dénivelé : 1890 m

6 cols : Col des Brosses (973m) ; Col de la Croix des Quatre Jambes (1001m) ; Col de la Grande Roue (944m) ; Col d’Aillet (855m) : Col de la Charme (1120m) et le Col des Sagnes (798m). Ma sortie la plus longue, car pour éviter les 7 derniers km de montée qui passaient par St-Jean-la-Vêtre, je me suis rallongé en faisant le détour par Noirétable, plus facile…

Vendredi 08 juin :           80,49 km              4h25’           Dénivelé : 1478 m

Dernière rando de la semaine et pas de col, même si le dénivelé est proche des 1500 m !

Voilà, j’en ai terminé avec les chiffres. Il me reste à féliciter toutes les participantes et tous les participants, à remercier tout le monde d’avoir contribuer à l’ambiance conviviale et amicale. Mes félicitations s’adressent en priorité à nos amies "Cyclotes" : Pascale, Martine, Bernadette et Marie-Jo, qui ont fait preuve d’un courage et d’une volonté formidables pour dompter les difficultés et aller au bout… Sans oublier notre Isabelle du CTA qui a porté loin devant les couleurs de notre club en compagnie de notre copain Philippe R. des RCC, talonné qu’ils étaient par la "gracieuse libellule" du CSAR : Michelle C. Sans oublier Ivette et Isabelle (N°2) la sœur de Jean-Claude M. de Barbezieux ; qui, je me suis laissé dire, était ancien facteur, et a dû "rouler à bicyclette avec Paulette, la fille du facteur" d’Yves Montant.

Si ceux qui liront ces lignes veulent rajouter des commentaires, pour évoquer : la météo, la cueillette et la dégustation des champignons, l’origine et la quantité de Pineau des Charentes et du Cognac-Schweppes qui ont abreuvé nos moments de convivialité et arrosé des anniversaires… ils seront les bienvenus.

Leur gentillesse et leur modestie devraient-elles en souffrir un peu, j’aimerais adresser mes remerciements à Georges pour l’organisation de ce séjour, à Jean D. et son camion pour une logistique et des encouragements très sympas, à Jacques D. et Jean-Pierre R. qui auraient aimé être sur leur vélo mais qui ont gentiment accepté de faire la voiture balai. Un dernier "Merci" (en espérant oublier personne) à Joël Ferré notre sympathique photographe venu du Cap Ferret.

Dernière chose très importante : lors de cette semaine nous n’avons perdu personne, même si les charmants villages que nous avons traversés possédaient de belles petites Églises prêtes à accueillir les "brebis égarées…"

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Mercredi 25 avril 2018

Le samedi 21 avril 2018 nous participions à la "Randonnée route classique" de 150 km organisée par le CTA. Quatrième "Rando/Brevet" de l’année 2018 des Cyclotouristes Angoumoisins.

Avant cela, le dimanche 11 mars 2018, c’était le Brevet de 100 km qui amenait les participants du côté de l’ouest charentais, vers la Grande Champagne avec un passage au pied du château de Bouteville. (N’ayant malheureusement pu participer à cette sortie, je ne puis vous en écrire plus)

Trois semaines plus tard, le samedi 31 mars 2018, 24 courageux cyclos partaient pour 120 km malgré la pluie menaçante. En effet, après Viville et pratiquement jusqu’à Saint-Fort-sur-le-Né, durant une bonne heure la pluie cinglait les visages. Heureusement, le café chaud qui nous attendait à Saint-Fort nous a redonné le moral pour repartir. Á partir de ce moment plus une seule goutte d’eau. Avant d’arriver à Rouillac, où nous devions casser la croûte, et peu après Mareuil, notre ami "Popof" a été victime d’une crevaison, seul incident d’une randonnée fort sympathique, car si nous étions peu nombreux la qualité était présente.

Le samedi 07 avril 2018, toujours depuis le Plan d’eau de Saint-Yrieix, nous prenions le départ du Brevet de 150 km dont les 75 premiers kilomètres étaient communs avec le 120 (avec la pause-café à Saint-Fort-sur-le-Né). Puis, après une incursion en Charente Maritime en passant par Siecq et Beauvais-sur-Matha (arrêt casse-croûte) aux alentours du KM 95, nous filons sur Luxé et Villognon pour un retour plus rapide vu que le profil devient favorable.

Enfin donc, ce samedi 21 avril, la météo clémente : soleil et ciel bleu, ce sont entre 50 et 60 cyclos, partagés en trois groupes qui démarrent pour boucler les 150 km avec un dénivelé positif entre 1300 et 1400 m. Cette fois c’est le Nord Charente qui nous accueillait, avec la pause-café à la sortie d’Aigre, direction Villefagnan puis Taizé-Aizie et un court passage dans le département de la Vienne, sur des petites routes sans voitures (à se demander comment Georges peux les découvrir ?) Endroit idéal aussi pour le casse-croûte à Champagne-Mouton : une grande place ombragée avec toilettes et point d’eau… Retour par Saint-Claud et Chasseneuil-sur-Bonnieure avant le Pont-d’Agris, la traversée de la forêt de La Braconne où le thermomètre atteint les 31°C. Que ces petits pelotons étaient beaux sous le soleil avec les maillots multicolores : jaunes et noirs des ruellois, les nouveaux maillots, très seyants, bleus et blancs des RCC, noir-rouge-blanc des ami(e)s de La Couronne, le bleu et jaune des CTA, et cætera. Je ne peux malheureusement pas les citer tous. Cependant, je remercierais notre copain Claude M. du C.C. Cognac qui, fidèle aux sorties organisées par le CTA, était présent aux quatre mentionnées ici.

En conclusion, un grand merci à toutes les cyclotes et les cyclos qui nous ont fait le plaisir de venir rouler avec nous. Les échos et les témoignages de satisfaction qui me sont parvenus sont la meilleure récompense pour ceux qui prennent le temps d’organiser ces randos.

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Lundi 26 février 2018

Dimanche 25 février 2018 : Premier BREVET de 100 km organisé par nos amis de CSA Ruelle.

Malgré le thermomètre qui indique des températures au-dessous de 0°C, à 7h40mn, quatre courageux Cyclotouristes Angoumoisins : Georges, Patrick, Erick et Alain, enfourchent leur monture pour partir à l’assaut d’un parcours de 100 km rendu difficile par les conditions météo (entre -3,0°C et +4,0°C) et un vent glacial jusqu’au point de retournement (à Poursac, lieu du ravitaillement avec un café chaud qui fut le bienvenu).

Un peu avant, dans la ligne droite de la D12 qui traverse La Braconne, nous rejoignons un cyclo esseulé et reconnaissons la silhouette de notre copain Lucien (parti de La Rochefoucauld, il était venu jusqu’au Puy-de-Nanteuil en espérant nous retrouver…), voilà un adhérent CTA de plus et nous continuons à cinq. En essayant de se protéger du vent, en prenant la roue de Patrick, qui a assuré la plus grande partie des relais, en tentant des bordures dans les longues lignes droites entre Poursac, Couture et Valence (où le vent était de 3/4 gauche) nous arrivons à Saint-Angeau. Après le Pont-d ’Agris et Rivière nous passons Saint-Projet où Lucien nous quitte. Le thermomètre est repassé au-dessus de 0°C et l’arrivée est toute proche, le denier raidillon de Fourville ne pose de problème à personne. Accueillis à l’arrivée par trois dames qui nous propose un petit casse-croute et le verre de l’amitié en nous apprenant que notre sympathique et courageuse Isabelle (et une CTA de plus !) est partie en solo avant nous, sans que nous puissions la rattraper… Au moment de repartir, c’est notre copain Jean-Pierre qui arrive et avec qui Georges et moi-même revenons à l’accueil partager un instant de convivialité.

En résumé : beau parcours parfaitement balisé par les copains ruellois que nous remercions, satisfaction du groupe des CTA pour leur participation malgré le froid glacial.

7 CTA, 100 km, Dénivelé positif aux alentours de 1000 m, temps : 4h30mn, une moyenne de 22 km/h.

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Mis en ligne le dimanche 18 février 2018

 

Le texte qui suit rappellera, je l’espère, de bons souvenirs à tous nos amis " randonneurs cyclotouristes au long cours ", comme l’auteur, l’était lui-même… et donnera l’envie aux plus jeunes de tenter l’aventure à vélo.

 

La "gloire de Georges"

 

« La pancarte indique : 20 kilomètres. Notre randonneur sourit c’est le bout du voyage.

Naguère encore, il était à plus de deux mille kilomètres de là, impatient de partir et imaginant le long ruban de route qui, par-delà l’horizon, attendait son passage pour le conduire, de côte en plaine, jusqu’à son but lointain.

Jour après jour, équilibriste solitaire, il a laissé chez lui ce qui fait l’ordinaire de ses jours et, tailleur de route à façon, il a cousu tranquillement sur sa machine l’ourlet des provinces.

Jour après jour, heure après heure, avec ses reins, ses bras, ses jambes et ses poumons, à raison de six mètres à la seconde, il a grignoté le chemin, tourné, viré, grimpé, plongé et avancé toujours, éprouvant dans tout son corps l’impression de puissance que d’autres n’obtiennent qu’en appuyant du bout du pied sur un accélérateur.

Heure après heure, minute après minute, il a senti l’odeur des champs, des sous-bois, des bords d’étangs. Il a vu les blés mûrir à mesure qu’il avançait vers le sud. Il a joué avec le vent et le vent a joué avec lui. Il a tendu son visage à la pluie légère et arrondi le dos sous l’averse. Il a doré ou grillé sous le soleil et il s’est senti bien, et il s’est senti libre.

Il s’est élevé posément mais continûment au flanc des montagnes, a vu le paysage descendre lentement sous lui et l’horizon s’élargir. Il a gagné au terme d’efforts méritoires, des paysages mérités, puis a plongé dans la vallée par larges orbes silencieux, à la fois immobiles et rapide comme un oiseau de haut vol…

…Il a laissé les choses et les gens venir à lui dans sa merveilleuse approche silencieuse, approche quasiment tactile dont chaque instant s’incrustera dans sa mémoire car il a façonné chacun de ses moments avec son corps et avec son esprit.

Il a roulé très lentement dans les sous-bois quand il se sentait d’humeur bucolique et il a pédalé follement, mais en puissance, par lentes enjambées dévoreuses d’espace, aussi vite qu’il pouvait aller quand l’envie lui en a pris et que la route le lui permettait. Et dans ces moments-là, il se sentait invincible et il se plaisait à imaginer que cela pouvait durer toujours. Ce n’était, bien entendu, qu’une illusion, mais qui lui était chère et de laquelle il s’amusait beaucoup.

Il a sifflé, il a chanté. Puis il s’est tu parce qu’il n’avait pas trop de tout son souffle pour avaler un col qui ne voulait pas se laisser faire. Inquiet, lacet après lacet il a retardé le moment où il lui faudrait descendre de vélo et continuer à pied. Et ce moment n’est pas arrivé parce qu’au fond il n’était pas venu jusque-là pour faire de la marche à pied et qu’à vélo, quand on commence à s’écouter et à se laisser aller, il n’y a plus qu’à prendre le train.

Dans la plaine, il s’est retourné sur sa selle pour voir au loin le clocher de l’église et mesurer le chemin parcouru.

Il a vu les montagnes venir de l’horizon et se dresser pour lui barrer la route. Il a suivi des fleuves et des rivières, salué le paysan sur son tracteur et répondu à l’appel des enfants en récréation dans la cour de l’école. Il a croisé des cyclistes qu’il avait reconnus de loin pour être des congénères. Selon l’humeur, ils se sont arrêtés pour échanger quelques mots ou simplement salués d’un geste au passage.

Il a roulé dans le crépuscule aux odeurs de soupe et traversé, la nuit des villages déserts où les fenêtres luisaient de l’éclat bleuâtre de la télévision. Il a lutté contre le sommeil et salué avec le chant du coq le retour béni du soleil et de la chaleur.

Il a écouté les murmures légers de sa bicyclette, "corps vivant sous son corps", et qu’il lui arrivait parfois d’oublier quand, la pente n’étant pas trop rude, il croyait planer et glisser au-dessus de la route. Il a choisi pour elle chaque soir, avec soin, un gîte convenable et ne l’a jamais quittée sans l’effleurer d’une caresse, attention qu’elle semblait apprécier.

Il est entré dans des boutiques pour acheter des cartes postales et a lu avec étonnement des titres de journaux qui l’informaient de choses qu’il avait oubliées depuis longtemps.

Il a rencontré des gens aimables et curieux qui lui ont demandé d’où il venait comme ça. Il le leur a dit et ils ont été bien étonnés. Un peu incrédules aussi. Il sait qu’il passe parfois pour un fou, souvent pour un pauvre et, en tout cas, pour un original. Mais il s’en moque complètement parce que cela n’a aucune espèce d’importance.

Souvent, dans les villes et les quartiers, il est passé devant des groupes de jeunes appuyés sur des vélomoteurs ou des scooters et qui ont ricanés fort bêtement sur son passage. Il les a plaints parce que c’était vraiment tout ce qu’il pouvait faire pour eux.

Puis il a dépassé la pancarte, et il a su qu’il était arrivé. Il a traversé la ville indifférente, lentement, en savourant chaque ultime seconde de son bonheur. Il s’est assis sur un banc, au soleil, devant la mer, et il a étendu ses jambes, ses jambes qui venaient de faire plus de deux mille kilomètres (l’équivalent d’Angoulême-Gibraltar ! - NDR) sans même avoir l’air de s’en apercevoir.

Il s’est fait un arc de triomphe avec ses bras.

Et, mettant ses mains derrière sa nuque, il s’est renversé sur le dossier du banc.

Puis il a fermé les yeux et sourit, pour lui seul, à sa gloire. »

 

Jacques Faizant (1918 2006) Connu comme dessinateur de presse et écrivain humoriste est moins connu comme cycliste. Pourtant, grand randonneur, il a parcouru chaque année plusieurs milliers de kilomètres à bicyclette, seul ou accompagné de ses amis.

C’est à lui que j’ai emprunté ce texte tiré d’un de ses livres (ALBINA ET LA BICYCLETTE – Chronique cycliste. CALMANN-LÉVY PARIS 1968)

 

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 Mis en ligne le mardi 30 janvier 2018

« La 21ème TRANSBRACONNIENNE du 20 Mai prochain sera bien VERTE TOUT TERRAIN en rando-raid 2018.

Prêts pour l’Aventure ?

Un tour sur la brèche de la Météorite de Chassenon-Rochechouart !

 

Au seuil de Charente-Périgord et son charme discret, notre rando-raid prend un nouveau départ, en nature profonde, à l’opposé de la cité et sa BD. En forêt domaniale de Braconne (« cum foresta de Braconeys »), François Ier venait y chasser. La forêt marque la limite entre langue d'oïl à l'ouest, et occitan à l'est. En lisière de Braconne et de Bois Blanc, on entre avec le GR36 ou le GR4 dans le Karst de La Rochefoucauld et ses effondrements spectaculaires, « fosses » ou dolines. La Tardoire et le Bandiat y creuse des cavités avant de jaillir en Touvre. Entendrez-vous le TER filer à l’Est, enjamber ponts et tunnels, voie qu’il emprunte depuis 1875 ! Ménageons les jeunes pousses chères à Charente Nature : Ail des Ours, Isopyre, Jacinthe des Bois…l’espace est Natura 2000 ! La ligne de démarcation qui coupait la France en deux, contourne le château de Mélusine, juste avant les courbes de niveau sur les contreforts du Massif Central ! Grimpettes à franchir à la force des mollets !

Les constructions sont faites d’une pierre particulière, remarquable. L’Astroblème de Rochechouart, météorite tombée pas loin d’ici il y a 206,7 Ma (nous n’étions pas là…), a laissé une pierre réputée pour ses couleurs et sa texture légère, riche en verre, très calorifique et résistante au gel. Les vignes prospèrent sur les coteaux bien exposés au soleil, qui dominent la Tardoire. Le calcaire du Jurassique inférieur y produit un vin digne d’un Bourgogne (cépages Chardonnay-Chenin) - Charente Terre de saveurs- tandis que les vaches limousines s’inquiètent de nos tribulations, figées devant leurs barbelés. La voix gallo-romaine, Lugdunum à Santonum (Lyon-Saintes) établie par le général romain Agrippa, croise le GR4 qui relie Royan à Grasse et un chemin de St Jacques de Compostelle. »

Dimanche 20 Mai 2018 à Mornac (Charente)

RANDOS & RAIDS VTT – Marche (http://www.brcmornacvttclub16.com/)

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Mis en ligne le vendredi 5 janvier 2018

Un des objectifs du Comité Départemental FFCT (Codep16) est de mieux faire connaître le patrimoine touristique et culturel de notre département. Tout en pratiquant « une activité sportive de loisirs et de plein air… » suivant la définition des statuts FFCT du cyclotourisme. Ainsi, la démarche de Gérard FRESSER (membre du bureau du Codep16) entre-t-elle parfaitement dans ce cadre.

« Gérard FRESSER appelle ses amis vététistes et randonneurs à proposer des noms pour le réseau de chemins piétonniers qui sera inauguré au printemps prochain par l’agglo. Lui propose "Les Jardins de Marguerite", ou "Balade dans les jardins de Marguerite". Une référence à l’histoire est pour lui « essentielle ». « S’il y a un jour plusieurs parcours, Valois, Isabelle Taillefer, Honoré de Balzac, Reynié de Goué, Mary Cressac, Montalembert, Carnot, Thévet, Epernon, Corto Maltesse, Paul Valery, Lazare Weiller… pourraient être à l’honneur ». Gérard FRESSER s’est beaucoup investi pour faire découvrir la cité des Valois en VTT ou à pied et il va continuer avec son 11ème tour de la ville à VTT fin février-début mars et un autre, à pied, fin juin ». (Vu sur CL, mardi 02 janvier 2018)

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